mardi 25 septembre 2007

Bébé et grossesse, attention aux poissons gras

Les femmes enceintes qui consomment beaucoup de poissons gras ont davantage de risque d’avoir des petits bébés. Étant donné leur richesse en acides gras polyinsaturés omega-3, la consommation de poissons gras (thon, espadon, requin…) par les femmes enceintes est bénéfique pour le système cardio-vasculaire et pour le développement fœtal. Cependant, ces mêmes poissons sont une source potentielle d’exposition à des polluants comme le méthylmercure qui pourrait être à l’origine d’accouchements prématurés. Les femmes enceintes reçoivent des messages contradictoires à propos de la consommation de poisson. De hauts niveaux de consommation de poisson pendant la grossesse ont été associés à une durée de grossesse plus longue, une augmentation du poids du bébé à la naissance et des capacités intellectuelles plus élevées. D’un autre côté, le poisson peut également être une source potentielle d’exposition à des polluants comme le mercure qui provient notamment du lessivage de l’air et des sols, pollués par la combustion du charbon dans les centrales électriques et des activités minières. Aux doses sans réel danger sur l’homme, le mercure pourrait être toxique pour le fœtus : il est en effet soupçonné de provoquer des dommages neurologiques. Une récente recherche américaine a montré que le méthylmercure pouvait présenter un autre risque, celui de naissance prématurée. Cette recherche s’appuie sur un groupe de 1024 femmes enceintes, vivant dans différents endroits de l’état du Michigan. Les habitudes alimentaires de chaque personne étaient renseignées via un questionnaire et un entre tien individuel. Un échantillon de cheveux était également prélevé afin de mesurer leur taux en mercure qui est considéré comme un bio-marqueur de l’exposition au méthylmercure. Ce sont les femmes qui ont mangé le plus de poisson qui tendent à avoir les taux de mercure dans les cheveux les plus élevés. La source de mercure la plus importante est le poisson en conserve. Par ailleurs, les chercheurs ont comparé les taux de mercure dans les cheveux à mi-grossesse avec la date d’accouchement. Les femmes qui accouchent avant la 35ème semaine présentent plus fréquemment un taux élevé de mercure dans les cheveux (entre 0.55 et 2.5 µg/g, la moyenne s’établissant à 0.29 µg/g) comparé aux femmes qui accouchent « normalement », c’est-à-dire après la 37ème semaine de grossesse. Il s’agit de la première recherche basée sur le suivi d’un aussi grand nombre de personnes pour étudier le risque d’accouchement prématuré en relation avec les niveaux de contamination au méthylmercure. De nouvelles recherches seront nécessaires pour identifier le mécanisme biologique expliquant ces résultats. Réagir sur cet article sur le forum bébé "Grossesse, Alimentation de la maman, attention aux poissons gras" Principale référence : F. Xue et al., « Maternal fish Consumption, Mercury Levels and Risk of Preterm Delivery », Environmental Health Perspectives, vol 115, n°1, pp.42-47, January 2007.