dimanche 30 mars 2008

Bébé, atelier de portage en Belgique

Vous êtes Belge, parents de bébés et intéressés par le portage ? Nous vous proposons de vous faire découvrir le portage... Un portage tout en douceur, respectueux de votre corps et de celui de votre enfant. Porter son enfant contre soi est une découverte fabuleuse, tendre un tissu, sentir le corps de son bébé 's'emboiter' comme par magie sur le sien, le sentir, se détendre ou se réveiller ... Le portage vous permet de découvrir et de créer une nouvelle relation avec votre enfant. Porter son enfant c'est lui offrir la possibilité de faire partie intégrante de la famille, sans nécessairement être le centre de celle-ci. Il voit le monde "à hauteur d'homme" et découvre la vie en fonction de vos activités. Vous pourrez continuer à faire toutes les choses dont vous avez envie avec simplement votre bébé sur vous. Que se soit pour vous promener, ranger la maison, faire la vaisselle, cuisiner, bricoler, jardiner, lire une histoire à votre ainé.Il vous suffit de mettre votre bébé dans la position la plus appropriée et vous voilà libre avec vos deux mains! Porter c'est aussi l'occasion de rassurer son bébé . Beaucoup de parents ont trouvé grâce au portage une solution pour soulager les pleurs de leur enfant. Les bébés aux besoins intenses, qui ont beaucoup de difficultés de s'adapter à la vie en dehors de l'uterus maternel, seront bien souvent rassurés et calmés par le simple fait d'être porté tout contre papa ou maman. Ces séances s'adressent aux (futurs) parents d'enfants entre 0 et 3 ans. Si bébé est encore bien au chaud, nous vous prêterons une poupée souple qui vous permettra de faire tous les exercices. En participant à une séance durant la grossesse vous pourrez utiliser votre porte-bébé dés la naissance... Lors de la séance si votre bébé est fatigué, nous mettons à votre disposition des poupées qui vous permettront de vous exercer sans ennuyer bébé. Papa, maman, bébé, frères et sœurs ou toutes autres personnes avec qui vous avez envie de découvrir le portage sont les bienvenues. Vous pourrez sans aucun soucis, changer, nourrir, endormir votre bébé durant la séance. Ces séances sont là pour vous et votre enfant et il est important pour nous que vous vous y sentiez comme à la maison. La séance sera principalement axée sur l'apprentissage de l'utilisation de l'écharpe porte-bébé. Cette longue écharpe, idéalement tissée en sergé croisé, permet de réaliser une multitude de 'nœuds' différents, qui vont permetteront de porter votre enfants de différentes manières. Les parents qui ont déjà une écharpe apprendront à l'utiliser et pour ceux qui n'en ont pas la séance leur fera découvrir le portage avec une écharpe que nous leur prêterons... Nous avons également des écharpes à la disposition des parents qui viennent en couple et qui veulent tous les deux faire les exercices. Nous verrons ensemble comment porter l'enfant dans les positions suivantes: * En Kangourou * Double croisé * Simple Croisé et face au monde * Hamac / hanche * Sur le dos en kangourou. En fin de séance nous proposons aux parents qui le souhaitent de découvrir d'autres portes-bébés. Des portes-bébés issus d'autres continents (pagne, laotien, porte bébé chinois) ou simplement d'autres types de porte-bébé que l'écharpe, qui permettent eux aussi un portage respectueux (Tonga, hamac, chinado, ergo)
Jeudi 24 avril après midi à Etterbeek (contactez Jessica au 0486/860 854 ou atelierportage@gmail.com) Samedi 12 avril après midi dans le Hainaut (Mons ou Soignies) (contactez Jessica au 0486/860 854 ou atelierportage@gmail.com) Plus d'infos sur le site de Parents Partages http://www.parentspartages.be/
  • 'Atelier portage '
  • Lieu: Bruxelles Et Hainaut
  • Adresse: 1040 Etterbeek
  • Tarif: 10€ par personne ou 15€ par couple
  • Public: à partir de 18 ans
  • Jour(s) d'activité: J S

mardi 25 mars 2008

Bébé : Adoption, bientôt de nouvelles règles

Jean-Marie Colombani, ancien président du directoire du journal Le Monde, vient de rendre au gouvernement son rapport sur l'adoption en France et à l'étranger. Il propose 32 mesures clés pour faciliter l'accueil des enfants par les familles. Ces mesures devraient être mises en place rapidement.

Le rapport a pour buts principaux de mieux préparer les parents à adopter et de faciliter les démarches, notamment à l'international. Parmi les mesures proposées par ce rapport, on peut retenir :

  • Une nouvelle procédure d'agrément, qui imposera la formation des futurs parents avec une préparation collective des familles candidates sous forme de quatre sessions, avec à la fin une évaluation ;
  • Un seuil de 45 ans d'écart d'âge maximum entre l'enfant et le parent le plus jeune du couple adoptant, comme cela est déjà spécifié dans de nombreux pays d'origine des enfants ;
  • La création d'une autorité centrale pour coordonner l'action des organismes autorisés à l'adoption qui se trouvent parfois en concurrence (qui viendrait s'ajouter à l'agence de l'adoption).

En outre, le plan propose aussi d'améliorer l'adoption au sein même de l'Hexagone, en rendant plus facile l'adoption des enfants abandonnés ou délaissés par les parents, au lieu de les placer en familles d'accueil. Un plan d'action gouvernemental est prévu sur 2 ans pour évaluer l'impact et la faisabilité de ces mesures. Si cela s'avère concluant, elles seront validées par un texte de loi. Source : Communiqué du ministère de l'intérieur, mars 2008 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/adoption-internationale_2605/index.html

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mercredi 19 mars 2008

Allaiter ? vous avez le droit !

maman qui allaite son bébé, réussir son allaitement, connaître vos droits Le droit français offre une protection en demi-teinte à la mère et à son bébé allaité. Il est particulièrement peu protecteur en ce qui concerne des questions sensibles économiquement, comme la publicité ou l’étiquetage des produits artificiels, dont je ne traiterai pas ici. Les pressions financières et le lobbying, qui expliquent pour partie la faiblesse des politiques, ne sont pas sans rappeler la confrontation bouilleurs de cru / politiques sanitaires. Cependant, bien d’autres facteurs contribuent à façonner le droit, qui n’est jamais que le reflet des mentalités et des moeurs d’une société à un moment donné. C’est ainsi que l’égalitarisme forcené hommes / femmes, perçu dans notre pays comme signifiant – contrairement au jugement de Salomon – que l’enfant doit être coupé en deux, non seulement nuit à l’enfant lui-même, mais encore peut conduire à des sevrages forcés. A l’inverse, la dilution de la notion de bonnes moeurs, voire de pudeur, vient au soutien des mères qui allaitent «en public». Le manque d’intérêt des gouvernants pour la question, mais aussi les pressions supranationales, peuvent parfois avoir des effets également positifs. C’est ainsi que les femmes au travail peuvent continuer à allaiter, dans des conditions particulièrement favorables, dont le domaine d’application et les effets sont bien plus larges qu’on ne le soupçonne bien souvent. Allaitement et droit du travail : l’heure et les pauses d’allaitement Le droit du travail français prévoit que les mères peuvent allaiter leur enfant sur le lieu du travail une heure par jour au total. Présentation Le code du travail comporte aujourd’hui les normes régissant l’heure dite d’allaitement aux articles L 224-2 à L 224-4 et R 224-1 à R 224-23. Ces textes, inchangés depuis 1973, ne sont que la reprise d’autres, plus anciens, remontant au début du 20e siècle et qui visaient à l’époque à protéger la vie même des enfants. Leur espérance de vie était en effet alors faible en-dehors d’un allaitement maternel suffisant, spécialement dans le milieu ouvrier. Aujourd’hui, les textes français sont relayés et confortés par des normes supranationales : - la Charte sociale européenne du 3 mai 1996 nous fait obligation de ménager des pauses d’allaitement. Ce texte a fait l’objet d’une publication, par le décret n° 2000-110 du 4 février 2000. Son article 8 dispose ainsi que « les parties s’engagent... 3° à assurer aux mères qui allaitent leurs enfants des pauses suffisantes à cette fin », - la convention n° 183 de l’Organisation internationale du travail sur la protection de la maternité, adoptée le 15 juin 2000, lors de la 88e session de la Conférence internationale du travail (Genève), a repris le principe français et européen (la Charte sociale précitée). Reste à définir ce qu’est exactement l’heure d’allaitement. Il s’agit d’arrêter de travailler pendant une heure par jour, divisée en deux demi-heures, et de rester sur le lieu du travail pour y allaiter l’enfant. Il ne s’agit pas de s’absenter du travail pour aller allaiter son enfant. Dans ce dernier cas, il s’agit de ce que l’on appelle une autorisation d’absence ou d’une absence pour allaitement. Il ne s’agit pas non plus d’une prolongation conventionnelle du congé de maternité. Ces deux dernières possibilités sont parfois offertes aux salariées par leur convention collective. Elles ne peuvent en aucun cas remplacer l’heure d’allaitement, mais peuvent s’y ajouter. Domaine d’application Précisément, le code du travail a été conçu avant tout pour les salariés du secteur privé. Dans ce domaine, ses prescriptions ne valent qu’à défaut de règles conventionnelles (convention collective, contrat de travail…). Cependant, les règles conventionnelles ne peuvent qu’être plus favorables que le code du travail. Il n’est donc pas possible qu’un employeur ou un secteur professionnel supprime ou limite l’heure d’allaitement. Il est seulement possible qu’il en étende l’application (par exemple plus d’une heure par jour, ou pendant plus d’un an, ou avec rémunération…). Le code du travail ne s’applique hélas pas aux professions indépendantes (libérales, commerçantes…), lesquelles sont au demeurant infiniment moins protégées sur le plan de la maternité. Reste posée la question de son application aux fonctionnaires. Il leur est souvent refusé le bénéfice de l’heure d’allai¬tement, au motif qu’une circulaire (FP/4 n° 1864 du 9 août 1995 relative au congé de maternité ou d’adoption et autorisations d’absence liées à la naissance pour les fonctionnaires et agents de l’Etat, NOR : FPPA9530027C) s’y opposerait. Cette même circulaire ne peut être comprise qu’au regard d’un texte plus ancien, auquel elle renvoie : l’instruction du 23 mars 1950 (JO des 26 mars, 7 et 29 avril 1950). Or cette dernière retient qu’il « n’est pas possible, en l’absence de dispositions particulières, d’accorder d’autorisations spéciales aux mères allaitant leurs enfants, tant en raison de la durée de la période d’allaitement que de la fréquence des absences nécessaires ». Elle recommande toutefois aux administrations qui le peuvent matériellement, de permettre aux mères d’allaiter leur enfant, voire de bénéficier d’autorisations d’absence. Pour comprendre ce que cela signifie, il convient de reprendre deux éléments évoqués par le texte de 1950 : - il évoque l’absence de la mère pour cause d’allaitement, - il se fonde sur l’absence de disposition particulière. Sur le premier point : l’instruction de 1950 ne parle tout simplement pas de la même chose que le code du travail. Elle traite de l’autorisation d’absence de la mère, tandis que le code du travail évoque une pause d’allaitement prise sur le lieu du travail. Comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas la même chose, et d’ailleurs la jurisprudence sociale l’a souvent relevé (voir par exemple Cass. Soc., 30 octobre 1991, Bull. Civ. V, n° 457). Donc l’instruction n’interdit pas l’heure d’allaitement, mais l’absence pour allaitement. Quant au second point, à savoir l’absence de disposition particulière dans le droit de la fonction publique, les textes de 1950 et 1995 ne parlent pas d’heure d’allaitement, donc ne peuvent être tenus pour constituer une disposition particulière à ce sujet. Au demeurant, ils ne constituent pas des normes, contrairement aux arrêtés, décrets ou lois. Précisément, en l’absence de règles particulières concernant les fonctionnaires, le principe retenu par le Conseil d’Etat, juridiction suprême en droit public, est que les règles du code du travail s’appliquent (CE, 8 juin 1973, Ass., Dame Peynet, Recueil Lebon, 406 ; AJDA 1973, 587 ; JCP 1975, II, 17957). Le raisonnement que je propose ci-dessus doit pouvoir être opposé à toute administration qui interdirait à une fonctionnaire qui le souhaiterait de bénéficier de l’heure d’allaitement. Il l’a d’ailleurs déjà été avec succès dans le contexte hospitalier. Mais en quoi consiste concrètement l’heure d’allaitement ? Fonctionnement L’article L 224-2 prévoit que la femme dispose d’une heure d’allaitement ; l’article L 224-3 ajoute qu’elle « peut toujours allaiter son enfant dans l’établissement » Il en découle que pour l’utilisation de son heure d’allaitement, la mère a le choix entre : - tirer son lait, - allaiter son enfant sur place. Plus encore, il ne fait aucun doute que, dans son esprit d’origine, l’heure d’allaitement a pour objet unique de permettre à la mère de se faire amener l’enfant sur place et de l’y allaiter. Dans les deux cas, l’heure d’allaitement est répartie en deux périodes de trente minutes, l’une le matin, l’autre l’après-midi (art. R. 224-1, al. 1 CT). Les moments où sont prises ces pauses sont négociés entre l’employeur et la salariée. A défaut d’accord, elles sont réparties au milieu de chaque demi-journée (art. R. 224-1, al. 2 CT). Aucun aménagement (local, intimité, hygiène, frigidaire…) n’a été prévu lorsque la mère utilise son heure d’allaitement pour tirer son lait. En revanche, un luxe de détails figure encore dans la partie réglementaire du code du travail aux articles R 224-2 et suivants : chambres ou locaux d’allaitement, règles d’hygiène, présence de personnels, etc. Des règles qui sont hélas tombées en désuétude en même temps que l’allaitement, mais qu’il serait utile de rappeler à un employeur qui rechignerait à respecter le code du travail, par exemple sur le mode : « Vous avez encore de la chance que je n’allaite pas mon enfant sur place, car vous auriez alors à prévoir un local avec lavabo, etc. » Lorsque la mère choisit d’allaiter son enfant sur son lieu de travail, il convient naturellement de revendiquer que celui-ci puisse être amené sur place par la nourrice (qu’il est toujours préférable de choisir près du travail et non près de chez soi, ce qui permet en outre d’aller manger avec lui et de lui donner des tétées à ce moment-là). Le code du travail ne prévoit pas que l’heure d’allaitement soit rémunérée. Bien que celle-ci se prenne sur le temps de travail, elle n’est en effet pas considérée comme du travail effectif (Rep. Min., n° 29 ; JOANQ, 9 août 1993, p. 2478). La convention OIT précitée demande aux Etats de prévoir la rémunération de cette heure. La France l’a signée mais pas encore ratifiée. Naturellement, une convention collective peut toujours prévoir la rémunération. Par ailleurs, certains employeurs rémunèrent malgré tout l’heure d’allaitement, dans l’ignorance de son régime juridique. L’heure d’allaitement ne peut être prise que jusqu’à ce que l’enfant ait un an. C’est donc son âge à lui et non le retour du travail qui marque le début de l’application de l’heure d’allaitement, laquelle durera par définition moins d’un an. Cependant, cette règle n’est énoncée qu’à propos de l’heure d’allaitement elle-même, à l’article L 224-2. Elle n’a pas été reprise à l’article L 224-3 qui, tout au contraire, dispose que la mère peut « toujours allaiter son enfant » sur le lieu du travail. Il me paraît donc clair que : - l’utilisation du tire-lait est limitée au premier anniversaire de l’enfant, - l’enfant peut être allaité au-delà sur le lieu du travail. Relevons enfin qu’une entrave à l’heure d’allaitement de la part de l’employeur : - soit qu’il la refuserait, - soit qu’il la rendrait de fait impossible, - soit qu’il interdirait à un tiers d’amener l’enfant sur le lieu du travail, - soit qu’il ne prévoirait pas les chambres ou locaux d’allaitement réglementaires, constitue une contravention dite de cinquième classe, qui expose son auteur à une amende de 1500 euros, sanction portée à 3000 euros en cas de récidive dans un délai d’un an (art. L. 262-7 CT). Dans certaines circonstances, en cas de licenciement corrélatif à un différend sur ces points, il pourrait être retenu qu’il a été abusif et conduire à une indemnisation (Conseil des prud’hommes de Brest, 27 fév. 2001, CFDT magazine, septembre-octobre 2001, n° 273, chronique judiciaire, p. 26). Allaitement et droit civil : la séparation des parents Il est nécessaire à ce stade d’apporter quelques précisions quant aux règles applicables aux enfants, dans le cadre d’un divorce ou d’une séparation. Le passage devant un juge est obligatoire dans le premier cas ; il est facultatif dans le second. Pour ce qui concerne la séparation, que ce soit dans le cadre d’un mariage ou d’un concubinage, j’aurais tendance à dire qu’il peut être judicieux d’attendre que l’allaitement en cours soit terminé pour saisir un juge. Certes, les mères pensent souvent que cette saisine va permettre de fixer les devoirs de chacun, notamment en matière financière. Mais lorsqu’on peut se permettre d’attendre, cela évite tout simplement de mettre en danger l’allaitement lui-même. Une règle domine : l’égalité des parents quant à l’autorité parentale (372 C. civ.). Cette égalité se traduit même, depuis une loi du 4 mars 2002, par la primauté de la garde alternée. Certes, celle-ci n’est supposée pouvoir être imposée que dans un cadre non conflictuel. Cependant, de plus en plus, des parents la subissent, même en cas de conflit. Surtout, il est extrêmement choquant de relever que, dans la pratique, il n’est pas hésité à faire application de ce mode de garde hautement toxique sur le plan psychique (si ce n’est pour des enfants assez âgés et encore…) à des bébés ! Au demeurant, la Défenseure des enfants, Claire Brisset, dans son rapport pour 2005, s’est clairement prononcée contre la garde alternée avant l’âge de 5 ou 6 ans. Il va sans dire que ce type de modèle est totalement délétère pour l’allaitement. Si l’on est confrontée à une telle exigence, le mieux est de solliciter une progressivité. Fort heureusement, la plupart des pères de tout-petits ne veulent pas de garde alternée ni de la « garde » tout court. L’on se trouve alors à devoir négocier les modalités du droit de visite. Il convient de rappeler tout de suite que si rien ne peut contraindre un père à rendre visite à son enfant, en revanche, le fait pour la mère de s’y opposer constitue rien de moins qu’un délit dit de non-présentation d’enfant (227-5 C. pén.). Il fait encourir une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Autant dire que le législateur a privilégié les droits du parent défaillant sur ceux de son enfant. C’est significatif de toute la philosophie de notre droit de la famille… Les parents peuvent négocier entièrement les modalités du droit de visite. Sauf abus, le juge homologuera leur accord. En cas de désaccord et sauf garde alternée, on tend à appliquer le modèle du week-end sur deux et de la moitié des vacances scolaires. Si le week-end sur deux n’est pas fatal à l’allaitement, en revanche ce sera le plus souvent le cas des vacances, spécialement d’été. Quelle attitude adopter en la matière ? Mon expérience, auprès de nombreuses mères et dans de nombreuses procédures de ce type, me conduit à suggérer la plus grande prudence. Je conseille avant tout d’éviter totalement d’évoquer l’allaitement, voire de nier son maintien, dès lors que l’enfant a dépassé quelques mois. La tolérance maximale absolue que j’ai pu relever chez les magistrats était d’une année d’allaitement. Il faut en effet comprendre l’état d’esprit de ces derniers. Leur vision des couples qui se séparent n’est pas la nôtre. Nous tendons à voir un méchant et un gentil au regard de la vie de couple ou parentale ; eux se positionnent au regard de l’attitude au cours de la procédure. Le « bon » est celui qui est conciliant, cohérent et surtout respecte les droits, notamment parentaux, de l’autre. Dès lors, la mère qui évoque son allaitement dans l’espoir d’obtenir un aménagement du droit de visite du père est nécessairement perçue comme celle qui utilise l’allaitement afin d’empêcher le père de l’exercer. Ceci vaut d’autant plus que les magistrats sont souvent des femmes ayant peu ou pas allaité, puis repris leur carrière et qui ont, comme nous tous d’ailleurs, baigné dans la culture ambiante et la vulgarisation psy qui estiment que le père est essentiel pour casser la fusion mère-enfant. Il est vrai que j’ai de temps à autre rencontré des mères qui instrumentalisaient effectivement l’allaitement contre le droit de visite du père. C’est facile à repérer : elles refusent par exemple l’idée même de tirer leur lait, répètent que le père est incapable, etc. Il peut d’ailleurs l’être effectivement. Cela dit, dans aucune procédure, à moins d’un père hautement toxicomane ou très hautement alcoolique (et encore…), cela n’est une bonne approche. Le magistrat risque de voir la mère en castratrice vampire de son enfant et penser qu’il est encore plus important que les droits du père soient respectés, voire augmentés. Ne pas parler du tout d’allaitement est donc à mon sens, sauf dans le cas d’un père qui demande une garde alternée, la meilleure chose à faire, sachant que la procédure durera près d’un an de toute façon, et que l’enfant sera parvenu alors à un âge auquel le magistrat ne pourra concevoir qu’il soit encore allaité. Si le père invoque l’allaitement (généralement pour faire passer la mère pour une malade fusionnelle, voire pire), il convient soit de minimiser si l’enfant est petit (par exemple « oui, il tète encore une à deux fois par jour / une fois de temps à autre, il a été fortement traumatisé par la séparation / les disputes »…), soit de nier absolument, spécialement s’il s’agit d’un bambin. Rappelez-vous qu’en matière civile, la preuve est apportée par les parties ; elle vous appartient donc. Je sais que ce n’est guère là une position militante. Mais militer aux dépens de son enfant, cela ne me paraît pas envisageable. En revanche, invoquer que l’enfant est fragilisé par la séparation, les violences verbales et autres, qu’il n’a plus l’habitude de son père qui est parti ou ne s’en est jamais occupé, et qu’il faut y aller crescendo afin d’obtenir des aménagements, est une meilleure approche. La manière compte également. Il faut éviter d’être dans le refus (« non, pas ça parce que… ») et préférer la proposition, laquelle doit impérativement manifester que l’on ne veut pas réduire le temps total passé par le père avec son enfant. Par exemple, pour le week-end, proposer quelques semaines où il prend l’enfant une journée sans la nuit, puis deux journées sans la nuit, et enfin tout le week-end, sur une période de plusieurs mois ; mais en compensation, suggérer qu’il prenne son enfant quelques heures le mercredi, ou le soir après le travail, ou durant tel jour de RTT, ou encore, plus simplement, proposer un jour chaque week-end au lieu d’un week-end sur deux, etc. L’essentiel est que le magistrat sente qu’on ne veut pas aller contre les droits du père, mais qu’on veut assouplir le système classique, au profit unique de l’enfant. Si le père rechigne et exige le classique un week-end sur deux, c’est lui qui sera perçu comme « enquiquineur »… Evidemment, les choses sont plus complexes pour les vacances. Si l’on est engagé dans un allaitement long et que l’on n’a pu éviter de repousser le lancement de la procédure, il va falloir là aussi faire preuve d’imagination. Suggérer par exemple que le père prenne l’enfant un jour sur deux durant toutes les vacances, du moins la première année, plutôt que seulement la moitié de celles-ci. Ou proposer qu’il prenne en plus l’enfant tous les week-ends en compensation, etc. Si le bambin est suffisamment grand, les seins s’adapteront néanmoins à des séparations très longues. Le droit de la famille n’est finalement guère favorable à l’allaitement. Fort heureusement, il n’en va pas ainsi du droit pénal. Allaitement et droit pénal : la licéité de l’allaitement dit en public La France est un pays privilégié quant à sa perception et sa manière de régir la pudeur. Aucune disposition générale et nationale ne prohibe l’allaitement dit « en public ». Aucune affaire retentissante n’a jamais eu lieu, contrairement à ce que l’on a pu rencontrer dans des pays comme l’Australie ou les Etats-Unis. Cependant, des mères font parfois l’objet de remarques ou injonctions lorsqu’elles allaitent dans des lieux publics. Faute de disposition traitant spécifiquement de ce sujet, il est parfois opposé aux mères qu’elles commettraient un « attentat à la pudeur ». Disons d’emblée que cette notion a disparu de notre système juridique depuis 1994 ! L’a remplacée une qualification pénale plus étroite : l’exhibition sexuelle qui fait encourir une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (222-32 C. pén.). Le fait qu’elle soit plus étroite est déterminant pour ce qui concerne l’allaitement. Attenter à la pudeur pouvait couvrir des situations comme remonter de la plage en maillot de bain et allaiter. En revanche, l’exhibition sexuelle suppose d’exposer autrui à la vue d’un acte obscène à caractère sexuel. Il va de soi que cela ne s’applique absolument pas à l’allaitement. Ajoutons que les mères qui allaitent « en public » n’imposent en réalité le plus souvent pas celui-ci à la vue d’autrui. La plupart le font d’une manière aussi discrète que possible. Il est en revanche possible à des institutions d’interdire des comportements déterminés dans le cadre de leur règlement intérieur, qui est opposable à ses utilisateurs. Ainsi certains musées ou autres prohibent-ils le fait de manger. Certaines mères se sont vu interdire d’allaiter à ce titre. Sur ce seul fondement, ce n’est sans doute pas illicite – même si c’est absurde. En revanche, l’interdiction du principe même de l’allaitement dans un lieu public, prévu expressément dans un règlement intérieur, me paraît illicite. C’est qu’un règlement intérieur ne saurait contredire la loi. Or, ce sont des considérations supérieures qui viennent au soutien de l’allaitement, et notamment le droit à la santé pour tous, garanti par des textes comme le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, toujours en vigueur, par renvoi du préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, la Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989 (art. 6 et 24) et enfin la Charte européenne du 3 mai 1996, précitée (préambule, partie I-11).

Source : Allaiter ? Vous avez le droit !

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mardi 11 mars 2008

Grossesse : Les examens clinique avant bébé

examens grossesse L'examen clinique est un acte essentiel qui, pour être efficace, doit être mené dans de bonnes conditions, en respectant les principes de confort, d'hygiène et de sécurité. L'examen associe un examen général et un examen obstétrical. I. L'EXAMEN GENERAL 1. Recherche d'une glycosurie et d'une albuminurie 2. Pesée Si possible, toujours sur la même balance. La prise de poids, qui doit être harmonieuse, ne doit pas excéder 12 kg en moyenne à terme. 3. Mesure de la pression artérielle (PA) A chaque consultation prénatale. Avant l'examen obstétrical, après une phase de repos en position assise, bras nus, avec un brassard adapté (brassard pour obèse si la circonférence du bras est supérieure à 30 cm). La diastolique est définie comme le 4e bruit de Korotkoff (le 5e bruit est souvent très bas). Une systolique ³ 140 mm Hg et/ou une diastolique _ à 90 mm Hg, à 2 reprises, à 6 heures d'intervalle, est/sont pathologique(s). Une élévation anormale de la PA fera rechercher systématiquement des signes fonctionnels d'hypertension. 4. Inspection générale Elle comprend, en particulier, le rapport taille/poids, l'examen de la peau (lésions et/ou cicatrices), des conjonctives, des dents et des gencives, la recherche d'une pathologie veineuse, la mise en évidence d'une myopie, d'une boiterie à la marche. 5. Auscultation cardio-pulmonaire Systématique lors de la première consultation. 6. Examen des seins Au moins une fois en début de grossesse, à la recherche d'une anomalie du mamelon (bout de sein ombiliqué par exemple), d'une tumeur avec ou sans adénopathie axillaire et d'un écoulement mammaire ; la surveillance des seins pendant la grossesse fait partie des mesures générales de prévention et s'inscrit, en outre, dans le cadre de la préparation et de la prophylaxie de l'allaitement maternel. II. L'EXAMEN OBSTETRICAL 1. Inspection de l'abdomen À la recherche de cicatrices et avec observation, suivant le terme, de la forme de l'utérus. 2. Palpation abdominale La patiente est installée en décubitus dorsal, membres inférieurs étendus, les mains de l'examinateur sont posées à plat sur l'abdomen et dépriment doucement sa paroi de la pulpe des doigts ; l'exploration est méthodique et indolore, commençant par la région sus-pubienne, continuant par le fond utérin et se terminant par les parties latérales de l'utérus. À partir de la 28e SA, la palpation devient un élément diagnostique et pronostique fondamental de l'examen obstétrical, avec ses 3 objectifs dans le temps et suivant le terme : a) Étudier la consistance, la souplesse ou la tension (relâchement/contraction) et la sensibilité de l'utérus à la mobilisation, b) Situer le ou les fœtus dans l'utérus (présentation, rapports de celle-ci avec le bassin maternel, position du fœtus, côté du dos et volume), c) Apprécier le volume du liquide amniotique (cf. signe du flot). Par ailleurs, la palpation donne le plus souvent lieu à des mouvements actifs (perçus en moyenne à partir du 4e mois) ; excellent indice de réactivité du fœtus. 3. Mesure de la hauteur utérine (HU) En décubitus dorsal, vessie préalablement vidée, avec un mètre ruban déroulé à partir du bord supérieur de la symphyse pubienne, selon l'axe de l'utérus, jusqu'au fond utérin ; le chiffre correspondant à la hauteur utérine est indiqué par le bord cubital de la main qui tient le mètre ruban (Giraud, 1982). Il faut insister sur l'intérêt de la mesure par un même examinateur au cours de la grossesse. Entre 4 et 7 mois, on multiplie par 4 le nombre de mois pour obtenir la hauteur utérine moyenne correspondante. La règle est valable jusqu'à terme si l'on retranche 2 cm les 2 derniers mois. La hauteur utérine doit augmenter entre 2 examens successifs à 1 mois d'intervalle. Ses anomalies (excès ou augmentation trop rapide, insuffisance) doivent conduire à un certain nombre de diagnostics différentiels d'une pathologie ovulaire, fœtale et/ou maternelle (cf. chapitres correspondants). Il pourra également s'agir d'une grossesse plus avancée ou plus jeune, voire d'un arrêt de la grossesse ; le premier temps de la démarche étiologique consistera donc impérativement en la vérification du terme. 4. Auscultation des bruits du cœur fœtal (BDC) À partir de 12-15 SA, la mise en évidence des souffles placentaires et/ou bruits du cœur requiert l'emploi d'un détecteur à ultrasons utilisant l'effet Doppler, placé au niveau de la région hypogastrique ; À partir de 20-22 SA, l'auscultation à l'aide d'un stéthoscope obstétrical uni-auriculaire (stéthoscope de Pinard) est recommandée. La localisation des bruits du cœur varie avec le terme, la position, la présentation et le côté du dos du ou des fœtus (l'épaule antérieure est un bon repère). L'auscultation fœtale doit, en outre, associer le comptage de la fréquence des bruits du cœur (à dissocier du pouls maternel). Le rythme de base se situe entre 110 et 160 bpm. Des accélérations peuvent être contemporaines des mouvements actifs fœtaux. Toute anomalie du rythme cardiaque fœtal (RCF) : bradycardie, tachycardie, décélérations, arythmie, nécessite un bilan étiologique selon le terme et le contexte clinique comprenant, entre autres, une échographie doppler et un monitorage cardiotocographique. 5. Examen de la vulve et du périnée Examen des lèvres et de l'hymen. Recherche de lésions cutanéo-muqueuses (condylomes, herpès), de cicatrices et en particulier de mutilations (excision des nymphes, clitoridectomie) et d'une pathologie veineuse (varices vulvaires, hémorroïdes). 6. Examen au spéculum Il est systématiquement, en début de grossesse, pratiqué avant le toucher vaginal ; puis sur indication médicale ultérieurement, en cas de leucorrhées pathologiques ou d'un écoulement de liquide, ou pour objectiver des métrorragies. Un frottis cervico-vaginal sera réalisé à l'occasion de cet examen si le dernier date de plus de 2 ans. La patiente est en position gynécologique, vessie vide ; le spéculum, de taille adaptée, est introduit selon un plan oblique puis progressivement orienté à 90° afin de placer ses valves transversalement à la fente vulvaire ; la pose doit être indolore sans nécessiter de lubrifiant. L'examen du col utérin permet d'apprécier son aspect et sa couleur, de repérer toute particularité ou anomalie de sa muqueuse (ectropion banal, polype, vésicules d'herpès, condylomes et toute autre lésion ou signe d'infection), de mettre en évidence un écoulement (sanglant ou non) provenant de l'endocol ou de l'exocol. L'examen du vagin est réalisé en déplissant ses parois lors du retrait progressif du spéculum ; il recherche l'existence d'une cloison (longitudinale ou horizontale <=> diaphragme), apprécie la couleur, les sécrétions et d'éventuelles lésions de sa muqueuse. 7. Toucher vaginal L'utilisation d'un doigtier stérile à usage unique, lubrifié ou non, est de rigueur. La femme est installée en position gynécologique sur un plan dur, vessie et (si possible) rectum vides ; la main abdominale permet de combiner le palper au toucher. Le toucher vaginal a différents objectifs suivant le terme auquel il est réalisé : - au premier trimestre, il permet le diagnostic clinique de la grossesse, - au deuxième trimestre, il recherche plus spécifiquement des modifications cervicales, - au troisième trimestre, il s'attache à explorer le col utérin, le segment inférieur (SI), la présentation fœtale, l'état des membranes - lorsque l'orifice interne OI est ouvert - le bassin osseux et le tractus génital. Le col est défini par sa position, sa longueur, sa consistance et son degré de fermeture ou d'ouverture ; il est important de rappeler qu'il ne faut, en aucun cas, forcer l'ouverture du col, le cathétériser et dépasser son orifice interne (OI) avant terme ; cela afin d'éviter le risque infectieux et le traumatisme qui peut être responsable d'une rupture des membranes ou d'une hémorragie (attention aux languettes placentaires). Le segment inférieur se forme au troisième trimestre entre le corps et le col utérin ; d'abord épais, il s'amplifie et s'amincit en se moulant sur le pôle fœtal, généralement en fin de grossesse chez la primipare et en début de travail chez la multipare. La bonne ampliation est un élément favorable du pronostic de l'accouchement. Le diagnostic de présentation, posé lors de la palpation abdominale, est confirmé par le toucher vaginal. Celui-ci précise la hauteur de la présentation (situation de son point le plus bas par rapport au plan des épines sciatiques : présentation haute et mobile, appliquée, fixée, engagée ou basse). L'examen clinique du bassin est essentiel et doit être systématique à la consultation du 8e mois. Il vise à dépister les anomalies de formes et de dimensions, ainsi qu'à rechercher des malformations et des lésions traumatiques (cals de fractures). Il relève du spécialiste. Source : gyneweb.fr Réagir sur aux examens clinique de grossesse sur le forum bébé

vendredi 7 mars 2008

Grands prematurés: un développement perturbé

Bébé: Grands prematurés 40% des grands prématurés présentent à l’âge de cinq ans des troubles moteurs, sensitifs ou cognitifs, révèle une enquête de l’INSERM. Et un tiers d’entre eux nécessitent une assistance médicale ou paramédicale. "Un tiers des grands prématurés requièrent toujours à 5 ans une prise en charge spécialisée", montre aussi l'étude "Epipage" de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale français (Inserm) publiée dans la revue médicale britannique The Lancet, datée de samedi. "Chaque semaine de grossesse en plus permet de réduire le risque de déficience", souligne auprès de l'AFP le Dr Béatrice Larroque (Inserm) qui a coordonné l'étude. En Europe, 1,1% à 1,6% des enfants nés vivants sont des grands prématurés, c'est-à-dire nés avant la fin du 7e mois de grossesse soit avant 33 semaines de grossesse révolues. En France, 10.000 grands prématurés naissent chaque année. On en dénombre "11.657 en Angleterre et Pays de Galles en 2005" et "80.000 aux Etats-Unis en 2004", relève l'Anglaise Mary Jane Platt (Liverpool) dans un éditorial de Lancet. "La légère augmentation du nombre de grands prématurés ces dernières années s'explique par divers facteurs : plus de grossesses multiples et de traitements de l'infertilité, des maternités plus tardives, sans oublier les progrès de la médecine qui ont entraîné une progression de la survie (85% des enfants vivants à la sortie de l'hôpital dans l'étude)", ajoute Mme Larroque. L'étude lancée en 1997, concerne -bilan de santé à l'âge de 5 ans à l'appui- 1.817 anciens grands prématurés et 396 enfants nés à terme, servant de groupe de comparaison. Selon l'étude, 42% des enfants nés entre 24 et 28 semaines de grossesse et 31% de ceux nés entre 29 et 32 semaines nécessitent une prise en charge spécialisée à 5 ans, contre 16% de ceux nés à terme. Au total, presque 40% de ces anciens grands prématurés présentent une déficience motrice, sensorielle ou intellectuelle (dite "cognitive"). Les taux de déficience sévère, modérée et légère sont respectivement de 5%, 9% et 25%. Parmi ces grands prématurés, 9% ont une paralysie cérébrale (infirmité motrice cérébrale provoquant des troubles moteurs): "un tiers de ces enfants ne marchent pas ou seulement avec une aide". "L'altération du développement intellectuel est particulièrement préoccupante", ajoute le Dr Larroque : 32% ont un score de capacités cognitives (équivalent au Q.I) inférieur à 85 (en dessous de la normale) et 12% un score inférieur à 70, équivalent au retard mental. "Entre l'ensemble des grands prématurés et les enfants nés à terme, la différence est 11 points (score de 93,7 contre 106 en moyenne)", relève le Dr Larroque. Mais si l'on considère les plus prématurés des grands prématurés (nés à 24-25 semaines), la différence est de 18 points (88 contre 106). Seulement 1% des enfants ont des déficiences visuelles sévères (vision inférieure à 3/10 aux deux yeux). Les taux de déficience sur le plan moteur, visuel et intellectuel, sont d'autant plus élevés que les enfants sont nés plus prématurément : 18% des enfants nés à 24-26 semaines de grossesse souffrent de paralysie cérébrale à 5 ans, contre 12% de ceux nés à 29 semaines et 4% de ceux nés à 32 semaines. Environ 5% des grands prématurés (contre 2% des nés à terme) n'ont pas achevé le test. Ce qui laisse penser que les difficultés intellectuelles des grands prématurés, source de problèmes d'apprentissage à l'école, peuvent être sous-estimées, dit-elle. "Prévenir les troubles d'apprentissage associés aux déficits cognitifs chez les grands prématurés représente un réel défi", estime-t-elle.