jeudi 11 décembre 2008

Grossesse: Plus de 20% des naissances par césarienne

Photo de femme enceinte pour illustrer naissances par cesarienne Selon une étude récente de la Fédération Hospitalière de France (FHF), trop de césariennes ont lieu en France. 20,1 % des naissances ont eu lieu par césarienne en 2007, contre 10,9 % seulement en 1981. De plus, la FHF s'étonne des différences constatées entre les établissements et pose l'hypothèse de la césarienne utilisée comme facteur d'organisation des naissances, en particulier dans le privé. L'étude de la FHF (fédération regroupant les hôpitaux publics français) met en évidence des écarts surprenants entre les établissements, le taux de césariennes variant de 9 % à plus de 43 % (taux constaté dans une clinique du 16ème arrondissement de Paris). Ces taux très élevés ne peuvent être expliqués par le risque de complications obstétricales, cette étude ne portant que sur les 559 maternités qui ne prennent en charge que les grossesses les moins à risque (maternités dites de niveau I). De plus, la concentration récente des maternités (fermeture des petites unités) avec une orientation des grossesses à risque vers les maternités de niveau II et III aurait dû faire baisser ce taux. L'explication est donc ailleurs. Comme le rappelle la FHF, si la pratique de la césarienne répond toujours majoritairement à des nécessités médicales (présentation compliquée par le siège, hématome rétro-placentaire, etc.), l'augmentation de son utilisation, en particulier dans les cliniques privées à but lucratif, ne peut que s'expliquer par un usage non médicalement justifié de cette intervention : programmation de l'accouchement à une date précise pour convenance, manque de compétences disponibles en termes de permanence des soins (petites maternités), optimisation des coûts de production (majorée par la tarification à l'activité). Il est possible cependant qu'en dehors du désir des patientes de tout programmer, cette augmentation soit également le reflet de l'évolution de la population, comme le souligne le Pr Sagot, du CHU de Dijon. En effet, les femmes enceintes sont plus âgées qu'auparavant et il y a davantage de grossesses multiples, particulièrement à risques. Le Pr Sagot souligne également "la crainte médico-légale [peur d'un procès] pour les médecins et sage-femmes", crainte majorée selon lui par l'absence de formation suffisante sur l'évolution des pratiques professionnelles. Suite à la publication de cette étude, le Ministère de la Santé a annoncé lundi 8 décembre le renforcement du contrôle de la pertinence médicale des prescriptions de césarienne dans les maternités, avec en particulier une "mise sous entente préalable" pour les maternités présentant un taux trop élevé. Source : Etude sur les césariennes - Fédération hospitalière de France - 7 décembre 2008