mardi 24 mars 2009

Alcool et grossesse : malformations, troubles ..

La consommation d'alcool chez les femmes enceintes peut entraîner des malformations et des troubles du développement chez l'enfant à naître. Alors pourquoi tant de femmes se permettent-elles de boire de l'alcool, même très peu, pendant leur grossesse ?

Grossesse et alcool

Pour comprendre le comportement des femmes enceintes face à l'alcool, des discusions ont été analysées des discussions sur des forums Internet, auxquels ont participé une quarantaine de femmes, à différents stades de leur grossesse. L'objectif : recueillir leurs opinions, leurs connaissances concernant les effets de l'alcool sur le foetus et leurs propres comportements. La publication des résultats dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire débute par un rappel des risques : ' l'exposition prénatale à l'alcool peut être responsable d'un ensemble plus ou moins complet d'anomalies malformatives (…) et de troubles du développement chez l'enfant à naître, allant du syndrome d'alcoolisation fœtale à des effets plus subtiles '.


La recommandation ' zéro alcool ' pendant la grossesse n'est pas perçue comme absolue

La recommandation de l'abstinence totale pendant la grossesse (' zéro alcool ') divulguée par les politiques de santé publique est connue par 80% des femmes, mais reste assez mal comprise, excepté pour les femmes exerçant une profession médicale ou qui se déclarent abstinentes. En fait, la recommandation n'est pas assimilée comme totale. Les femmes l'adaptent en fonction de leurs propres intérêts en terme de plaisir et de bien-être. Par ailleurs, les femmes connaissent peu les conséquences de la consommation de l'alcool sur le bébé, et notamment le syndrome d'alcoolisation foetale.

Qu'est-ce qui peut influencer leur comportement ?

Globalement, les sources d'informations sont très diverses. Celles apportées par leur médecin et/ou gynécologue sont fréquemment perçues comme contradictoires. De plus, de peur d'être stigmatisées (image de la ' mauvaise mère ', sanction sociale comme le retrait de la garde d'enfant…), les femmes enceintes minimisent ou nient leur consommation d'alcool, qu'elles jugent anodine. En revanche, il ressort de cette analyse que les informations apportées par leur propre mère sont perçues comme les plus dignes de confiance. Et notamment, l'expérience positive de leur mère, comme indiqué dans leur propre récit de type : ' ma mère a continué à boire deux verres par jour durant sa grossesse et je suis normale '. Autrement dit, c'est bien en leur propre mère que les femmes ont le plus confiance et dont l'opinion a le plus de poids. Les politiques de prévention, qui ont récemment imposé l'apposition d'un logo sur les bouteilles d'alcool avertissant les femmes enceintes, devraient tenir compte de cette nouvelle donnée et pourquoi pas orienter leur campagne en direction des grands-mères maternelles… Source E-sante : Bulletin épidémiologique hebdomadaire, n°10-11, mars 2009.