mardi 28 juillet 2009

Allaiter son bébé en public est naturel !

L’institut de sondage Ifop a publié cette semaine un sondage aux résultats étrangement étonnants. Il révèle que 25% des Françaises interrogées sont choquées par l’allaitement en public. Personne ne devrait condamner ce beau geste naturel qu’est l’allaitement d’un bébé. Le lait maternel est, pour le nouveau né, l’aliment de choix unique, aux qualités inégalables. Evolutif, il s’adapte aux besoins spécifiques du nourrisson en croissance dans son environnement spécifique. Pourtant, en France, prés de la moitié des femmes le délaissent dés la naissance et très peu poursuivent l’allaitement maternel eu delà de deux ou trois mois. La situation de la France contraste avec presque tous les autres pays européens où l’allaitement est une pratique courante et prolongée. En France, seulement un peu plus d’un nourrisson sur deux est allaité au sortir de la maternité. Cette pratique se développe mais reste encore insuffisante, par rapport à d’autres pays européens comme par exemple la Norvège où 99% des nourrissons sont allaités à la sortie de la maternité. Inscrite pour la première fois au Plan national Nutrition Santé (PNNS) en 2001, la promotion de l’allaitement maternel figure toujours dans le PNNS lancé en 2006, avec un premier objectif chiffré : passer de 56% à 70% d’allaitement exclusif à la sortie de la maternité d’ici 2010. C’est dire si beaucoup reste à faire en matière d’information, pour mobiliser les femmes, notamment dans notre région qui est particulièrement touchée par ce « désinvestissement » du sein au profit du biberon. Le lait maternel est l’aliment le plus adapté aux besoins nutritionnels du nouveau-né. Du colostrum des premiers jours à un lait plus mature, le lait maternel évolue tout au long de l’allaitement afin de toujours répondre au mieux aux besoins du bébé. L’allaitement au sein bénéficie incontestablement au développement du lien mère-enfant qu’il facilite. Il stimule le système immunitaire et diminue la fréquence des infections de la sphère ORL ou du système respiratoire. Il diminue également l’obésité, le risque vasculaire et le diabète de type 1. La promotion de l’allaitement maternel est un objectif du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Les professionnels de santé doivent être convaincus qu’allaiter au sein et alimenter avec des « préparations lactées » n’est pas équivalent. Pour fournir aux femmes les arguments qu’elles demandent afin de décider du mode d’alimentation de leur enfant, le comité de nutrition de la Société française de pédiatrie (SFP) a analysé les données scientifiques les plus récentes sur la relation allaitement et santé. Cette synthèse du PNNS est le fruit de ce travail. Elle s’adresse prioritairement aux professionnels de ville, de maternité, de PMI, qui sont en relation avec les femmes enceintes et les mères de nourrissons. Et en les rassurant totalement sur leurs capacités, en leur expliquant et en les soutenant lors de difficultés passagères, les professionnels de santé contribueront à ce que le discret frémissement actuellement constaté en faveur de l’allaitement maternel d’un autre pays se confirme et s’amplifie dans les années à venir. Le 4 avril 2006, le Pr Hercberg a présenté au ministre de la Santé son rapport sur le Programme National Nutrition Santé (PNNS) : bilan du PNNS1 (2001-2005) et propositions d’actions pour le PNNS2, qui doit être annoncé en mai. Dans la partie bilan, on trouve une très bonne évaluation des Journées Régionales Allaitement (JRA) organisées par la CoFAM. Dans les propositions d’actions, l’action 17, intitulée « Promouvoir l’allaitement maternel », on lit notamment qu’il faut "Informer les femmes et les familles afin de promouvoir efficacement l’allaitement maternel comme meilleur mode d’alimentation du nourrisson, notamment au cours de la consultation du quatrième mois de grossesse qui se met en place à partir de 2006. La promotion de l’allaitement devra être intégrée dans des informations globales sur l’éducation pour la santé. (...) En lien avec les associations de soutien à l’allaitement maternel, développer la sensibilisation des professionnels de la naissance sur le sujet et faciliter leur formation. Il faut aussi garantir strictement le respect des mesures réglementaires concernant la commercialisation des substituts du lait maternel, notamment la circulaire de 1998. Il est nécessaire de mettre en place une consultation de soutien à l’allaitement maternel durant le premier mois de vie. Des actions doivent être engagées auprès des associations promouvant l’allaitement maternel. Sur la base d’un cahier des charges précis fixant des objectifs de résultats, dans le cadre de conventions pluriannuelles, soutien par le ministère de la santé à la Coordination française pour l’allaitement maternel, afin de développer, au niveau national et en lien avec les régions, des actions de soutien à l’allaitement maternel."