mardi 15 décembre 2009

Biberons: les risques du Bisphénol A mis en évidence !


Bisphénol A : des effets sur l'intestin démontrés

Une équipe française de chercheurs de l'Institut national de recherche agronomique (INRA) démontre pour la première fois que le bisphénol A ades effets néfastes sur la fonction intestinale. Régulièrement au coeur de polémiques sanitaires, le bisphénol A est un composé chimique que l'on retrouve dans plusieurs récipients alimentaires, notamment dans les biberons en plastique, les conserves et les canettes.

Malgré un avis de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) de 2008 ayant conclu à son innocuité, la Mairie de Paris avait décidé, par mesure de précaution, de ne plus utiliser de biberons au bisphénol A (BPA) dans ses crèches, au nom du principe de précaution, comme c'est le cas au Canada.

Or aujourd'hui, une recherche française relance la polémique : à la faveur d'une élévation de température (en chauffant le biberon aux micro-ondes par exemple), le BPA migrerait dans le lait et serait donc directement absorbé par bébé.




Bien que de nombreuses études aient été réalisées, jamais les effets du BPA sur l'intestin, premier organe en contact avec les contaminants ingérés, n'avaient été étudiés. Pour en savoir plus, les chercheurs de l'INRA ont administré par voie orale de faibles doses de BPA à des rates. Le BPA est soupçonné d'être un perturbateur endocrinien, c'est-à-dire qu'il serait à l'origine de dérèglements des fonctions de reproduction. Concernant les effets, les chercheurs en ont observé plusieurs :

- Le BPA diminuerait la perméabilité de la paroi intestinale, freinant de ce fait l'absorption d'eau et de minéraux par l'organisme. Cet effet est dû à la possibilité qu'a le BPA de se fixer aux récepteurs à oestrogènes:

- Il aurait un impact sur la réponse inflammatoire dans le côlon ;

- Il rendrait l'intestin plus sensible à la douleur.

Des effets sur l'intestin sont perceptibles avec un dose dix fois inférieure à la dose journalière admissible (DJA), "pourtant considérée comme très sécuritaire pour l'homme" précise le communiqué de l'INRA. La DJA a été définie par l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'agence française de sécurité des aliments (Afssa) à 0,005 mg/kg de poids corporel.

Par ailleurs, les chercheurs se sont également penchés sur les effets du BPA chez les nouveau-nés. Leurs résultats suggèrent que "l'exposition pré- et post-natale au BPA pourrait freiner le développement des défenses immunitaires intestinales, altérant ainsi leur capacité à reconnaître plus tard des substances potentiellement nocives pour l'organisme". Ceci augmenterait le risque de développer une inflammation intestinale à l'âge adulte. Des conséquences essentiellement observées chez la descendance femelle des rates, naturellement plus sensibles aux effets des estrogènes que les mâles.

En dépit de son précédent avis qui concluait à l'innocuité du bisphénol A, l'Afssa a donc décidé la réouverture de l'expertise. Le BPA est accusé d'augmenter les risques de la stérilité ainsi que des cancers du sein ou de la prostate. Cependant, cette hypothèse n'a pas été confirmée et ce lien reste encore à démontrer. Quant aux résultats de l'équipe de l'Inra obtenus chez le rat, ils "illustrent la très grande sensibilité de l'intestin au BPA et ouvrent de nouvelles voies de recherches sur la caractérisation et l'évaluation des effets des pertubateurs endocriniens".

Source : Communiqué de l'INRA, 14 décembre 2009