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samedi 5 janvier 2008

Psychologie : Devenir Mère


Psychologie : Etre mère, 3 questions posées à Catherine Bergeret-Amselek
Psychanalyste


Peut-on dire que la naissance d'un enfant est aussi la naissance d'une mère ?

Bien sûr ! Une femme accouche d'un enfant mais d'une certaine manière, accouche également d'elle-même. Mais cet évènement est souvent relégué au second plan.

Car aujourd'hui, les grossesses sont le plus souvent très, voire trop médicalisées et tout le monde se polarise sur le bébé à venir. On estime d'ailleurs qu'un accouchement est réussi, lorsque l'enfant arrive en bonne santé et sans encombre. Mais l'on oublie un peu la jeune accouchée, qui est elle en pleine métamorphose, en plein “devenir mère”.

Or, les femmes savent elles, qu'elles sont en train de vivre une étape importante et bouleversante de leur vie. Tout au long de leur grossesse, elles subissent des changements corporels, hormonaux. Leur rapport à leur corps, à leur féminité, se transforme. C'est une crise identitaire qui s'amorce et qui va trouver son apogée au moment de l'accouchement.

Pourquoi cet évènement est-il aussi bouleversant ?

Une femme qui met un enfant au monde cesse d'être la petite fille de sa maman pour devenir la mère de son enfant. C'est une nouvelle étape dans son développement que l'on appelle la maternalité. Pendant la grossesse et lors de l'accouchement, la crypte de sa mémoire corporelle s'ouvre pour laisser passer l'enfant à naître, mais également l'enfant que l'on a été. C'est un long rendez-vous avec le petit bébé qu'elle a été, avec la mère de sa petite enfance, la mère idéalisée, celle de son adolescence, la mère empiétante et dangereuse.

Et quand son corps s'ouvre pour laisser passer son enfant, ressurgissent alors tous les messages qu'elle a reçu pendant le maternage : l'amour, les tensions, les deuils pas faits, les joies, les secrets de famille... C'est l'accès à un univers très archaïque. C'est aussi la mise en acte de toute une trace généalogique, de tout l'héritage inconscient.

C'est une formidable rencontre avec elle-même, avec tout ce qui fait l'histoire de cette femme. Mais c'est bien sûr bouleversant, car cela peut révéler des failles, des manques, des frustrations et amplifier la crise identitaire que traverse souvent la jeune maman.

Cette métamorphose quasi sismique peut faire un peu peur...

Attention, cela ne veut pas dire que tout ce qui s'est passé au début de la vie d'une femme va influencer son devenir mère. D'autres présences ont leur importance à commencer par celle du père de l'enfant, qui vit lui aussi sa paternalité, qui est lui aussi en devenir. Et le bébé sera au carrefour de ces deux lignées qui s'enchevêtrent.

Mais bien sûr que la naissance est une expérience qui fait aussi un peu peur. Les femmes doivent savoir qu'il est normal de trébucher, qu'il est normal de ne pas vivre ce bel évènement de façon heureuse tous les jours. S'autoriser à ne pas être une future mère parfaite les déculpabilisera. Car devenir mère, c'est aussi faire le deuil de sa vie d'avant, de son corps d'avant, de son identité d'avant.

D'ailleurs, la maternité est une belle opportunité d'entamer un travail sur soi. Car la dynamique de cette période est celle de la crise existentielle durant laquelle des portes s'ouvrent exceptionnellement.

Source : Psychologies.com.
Catherine Bergeret-Amselek
Psychanalyste, elle a publié “Le mystère des mères

samedi 29 décembre 2007

Psycho: tenir ses bonnes resolutions


Arrêter de fumer, perdre quelques kilos, passer plus de temps avec les enfants, ... tout le monde prend de bonnes résolutions à l'aube de la nouvelle année.

Mais une fois passée l'euphorie des fêtes, ces engagements pleins de bonne volonté se dégonflent souvent tout seuls. Un professeur britannique a constaté que seule une bonne résolution sur dix est encore suivie douze mois plus tard. Pas de panique cependant: l'homme distille quelques conseils pratiques pour faire mieux cette année.

Richard Wiseman, professeur à l'université d'Hertfordshire, a observé l'an dernier plus de 3.000 personnes qui avaient pris, début 2007, une bonne résolution, annoncent les journaux britanniques vendredi. Plus de la moitié d'entre elles étaient confiantes dans le fait qu'elles tiendraient leur bonne résolution, mais un an plus tard, seules 12 pc d'entre elles y étaient effectivement parvenues.

Le plus difficile: arrêter de fumer. Plus de trois quarts des cobayes ont allumé une cigarette après la nouvelle année. Même constat pour la consommation d'alcool: 75% ont repris leurs habitudes à peine les derniers feux d'artifice tirés. Seules les résolutions concernant le corps -plus mince ou plus sain- ont été un peu mieux suivies: respectivement 28 et 29% des personnes ont tenu parole.

Toutes les bonnes résolutions sont-elles donc vouées à l'échec? Non. Sur base de son étude, le professeur Wiseman donne quelques tuyaux qui augmentent les chances de réussite. Premièrement, il ne faut choisir qu'une seule bonne résolution, et ne pas attendre le Nouvel an pour la déterminer. Au contraire, il faut déjà imaginer comment on la mettra en pratique et se préparer mentalement à tous les efforts et inconvénients.

Richard Wiseman conseille d'opter pour des ambitions intimes. Si on rêve au plus profond de soi-même de devenir un musicien virtuose ou un écrivain respecté, il faut profiter de la nouvelle année pour prendre le taureau par les cornes et pour faire un plan d'action concret. Le professeur a également puisé dans son étude des conseils spécifiques pour les hommes et les femmes.

Les hommes doivent ainsi définir des objectifs précis. Il ne faut donc pas dire: "l'an prochain, je trouve un nouvel emploi", mais "je vais écrire au minimum deux lettres de candidature". Le professeur a constaté que des objectifs chiffrés augmentaient de 22% les chances de succès pour les hommes.

Les femmes, par contre, ont tout intérêt à mettre autant de personnes que possible au courant de leurs (bonnes) intentions. L'étude a en effet révélé au professeur Wiseman que le contrôle social augmente de 10% les chances de réussite chez les femmes.

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